Xavier Bertrand, ministre de la santé et des solidarités, a lancé à Laon la convention Aeras. Élaborée par l'État et la fédération bancaire, elle permettra à des citoyens atteints de graves affections de s'assurer et d'emprunter de l'argent auprès des banques.
Il fut un temps où les personnes atteintes d'un handicap ou d'une maladie de longue durée avaient toutes les peines du monde à décrocher un crédit immobilier ou à la consommation auprès des banques en France. Selon Xavier Bertrand qui fut agent d'assurance, cette discrimination frappait douze millions de Français l'an passé.
Le 6 janvier, le ministre a choisi son département, l'Aisne, pour lancer la convention "S'assurer et emprunter avec un risque aggravé de santé". Elle a été élaborée par le ministère de la santé, la fédération bancaire et de nombreuses associations. Son texte a été voté cet été à l'unanimité des députés, mis à part les communistes qui se sont abstenus sur le sujet.
La convention Aeras entre en vigueur dès demain dans les agences bancaires.
La convention prévoit que, dans le cas de l'achat d'une maison, par exemple, le contractant du prêt bénéficie d'une assurance invalidité en plus de l'assurance décès. L'emprunteur handicapé ou malade peut désormais solliciter un prêt de 300 000 € jusqu'à l'âge de 70 ans, les banques s'étant engagées à accepter des garanties alternatives comme les cautions.
Qui plus est, la convention impose de ne pas recourir aux questionnaires médicaux, quel que soit l'état de santé du solliciteur, dans le cas de prêts à la consommation n'excédant pas 15 000 € et remboursables en quatre ans. Xavier Bertrand a lancé la convention Aeras à partir d'une agence du Crédit agricole du Nord-Est (Aisne, Marne et Ardennes) parce que cette caisse régionale a mis en place un dispositif plus ambitieux que le système conventionné.

